02.02.2007

jeux d'ados et l'origine des préférences!!!

aujourd'hui je suis allée chez une nouvelle amie, on a mangé ensemble.. c'était trop bon.. mais ce qui était plus bon, c'était ses histoires.. elle est fraichement venue de la Tunisie, de Gabès précisemment.. comme elle vient donc de ma région d'origine, elle me racontait les histoires de mariages de divorces, de gamineries, d'adolescenceries... etc..

je jouais le jeu, demandant les noms de familles et les cv (à vrai dire, je ne connais pas vraiment grand mon de à Gabès, puisque j'y habite pas)

 

et me voilà!!!

replongée pour un moment dans un autre esprit.. d'autres considérations.. d'autres enjeux...

 bla

bla

bla.......

 

 

elle me pose, d'un coup, la question sensible: "mais toi accepterais tu un marocain??????"

-euh.. oui.. enfin.. euh..."

et je commence comme d'habitude mes conférences en la matière!!! avec arguments infaillibles please..

l'un tiré du coran, l'autre tiré des paroles prophétiques, un autre de celles de ses compagnons, d'autres plus philosophicoanthropologiques...

 

elle me regarde non convaincue.. doutant de la pureté de mon appartenance!!!

 

hum.. oui une fille gabéssienne comme elle se doit, ma très chère nouvelle amie!!!!

bien ancrée dans l'esprit des lieux et des temps.. avec sa petite voix elle s'indignait, s'insurgeait contre les mauvais choix des unes et des autres.. entrainée un petit peu par mon argumentaire (bon dans les limites please hein?!! un marocain tout de même pas quand même , mais disons, s'il n'y a pas de bons gabésien, ou les trés peu qu'il y a ont été déjà pris, on va pas être insensé comme plein de jeunes gabésiennes; si pas de bon gabésien c'est pas grave ou tant mieux, il fo pas être régionaliste quand même, hein?! quand même!!)

...

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sur le chemin de retour, je me souviens soudain d'un jeu d'ados..

c'était le fameux ASPRO....

 :)))))))))))))))))))  oh jé, comme j'étais "wala 3ala bali!!!"

voilà voilà..

c'est bon tout de même de sentir "Rihet lebled", la vraie, celle du bon gout, des préférences, des bonnes manières sentimentales et des sentiments enracinés

 

pauvre que je suis!!

déracinée je suis, déracinée je resterai!!!

12.05.2006

Les nouveaux habités..

la reconstruction du sanctuaire..

 Il y a à peine deux ans que la zawiya a été rebâtie. C'est depuis presque trente ans, que l' ancien sanctuaire de Sidi Marzoug est tombé en ruine. Il n’en est resté que le nom. L’ancien cimetière de Sidi Marzoug datant du XIVème siècle, a été vidé de ses tombes restantes pour construire la faculté des sciences économiques et de la gestion. On raconte que les étudiants de la faculté des sciences ont bénéficié des crânes trouvés.. Quand le bâtiment de la faculté était en train d'être construit, Sidi Marzoug s’est manifesté au responsable du chantier pendant son Sommeil. « Rebâtis moi ! ». Lui a-t-il dit. Ce dernier n’a pas pris en compte la vision.

Or un coin du lieu du chantier, causait des problèmes aux ouvriers. Chaque fois qu’ils voulaient y creuser, quelque chose les empêchait..

ALors.. Sidi Marzoug est réapparu encore une fois au responsable du chantier. Il y en a qui disent qu’il s’est manifesté dans le sommeil du gouverneur lui-même. C’est là que Meryem, est partie voir le gouverneur. « Mon grand père  est enterré là bas, Rebâtis-le moi ».

 

 Cette femme est la petite fille de Hawa, une femme noire ramenée du soudan. Dés qu’elle a grandi, Méryem, aujourd’hui âgée de 60 ans, a commencé son rôle de gouvernante de la zawya de « Sidi Marzoug El ‘ejmy ». Le seul Waliy noir à Gabès. Quand le sanctuaire est tombé, les adeptes du Stambali, utilisait la zawya de Sidi Ben ‘Issa pour leur zarda (buffet) annuelle. Tous les gabésiens se souviennent de leur tournée annuelle avec le bouc qui allait être sacrifié, pour accorder la Baraka aux habitants de Gabès. Mais depuis plus ce que vingt ans la zarda ne se fait plus. La voilà, de retour depuis deux ans...        Enfin.. de retour!

« Le gouverneur est un homme bien », il a ordonné de rebâtir Sidi Marzoug. Le responsable du chantier lui a donc consacré ce même petit coin, qui causait les problèmes aux ouvriers.

 

*Ezzarda

Il est dimanche 3 juillet 2005 à Sidi Marzoug. La zawiya est pleine de femmes dés 17 h. . Celles qui viennent se cherchent une place dans la petite cour.  Le lieu est trop petit. « Regretté est l’espace étendu qu’on avait avant ». Sous le soleil qui n’est pas encore parti, Les femmes se pressent les unes contre les autres... Le coin habituel des joueurs du Stambali leur est, comme d'habitude, réservé.. Un fourneau est installé.. pour chauffer les Bendirs..

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 Chaque fois qu’un groupe de femmes venait, Lakhdhar, le wkil de la zawya les accueillait et les invitait à venir manger El Mloukhyya : Sauce verte à base de mauve comestible moulue et avec laquelle Meryem a fait cuire la viande du bouc sacrifié le matin..

..Meryem est spécialiste des grands rassemblements.. Elle travaille dans les mariages, comme cuisinière etc.. khadem, comme on dit..

Quand la troupe est venue, le Stambali a commencé. Après Al Fatiha, furent invoqués successivement Ennabi Mohammed, Sidi Abou Sa’id AL Assmar, Sidi Boulbaba et Sidi Marzoug conjointement, Sidi Bou ‘ly Annafty, Encore une fois le prophète et puis Sidi Marzoug, puis est venu la séquence d’el Bahryyat. C’est Bouryya El bahryya, « Bouryya la marine » qui fut invoquée. Là, est venu dans le cercle réservé aux danseurs, les possédés, ou plutôt, el maskounin, les « habités », un jeune homme qui se tenait debout à coté des joueurs d’el Bendir. Sourire discret sur les lèvres, yeux fermés, il mouvait balançant légèrement à gauche et à droite, sa tête penchée un petit peu en avant. J’ai vu un homme qui courait ou qui ramait sur place... La séquence finie, la troupe a invoqué Baba ‘Layya, le surnom de Sidi Bou ‘Ly, puis Sidi Hamed el Hachany, puis Serwla El ‘ejmyya, Enfin Sidi Gnaw et Sidi Sallam.  Le jeune homme s’arrêtait chaque fois que les joueurs du Bendir fesaient une pause, attendant de continuer sa course lente et rythmée, avec toujours le même sourire discret sur la bouche...

..Un sourire de quelqu’un d’absorbé.. qui prend énormément plaisir.. dans son évasion...

Cette succession d’invocations n’a rien à voir avec le Stambali de Sidi Sa’d, un autre waliy noir, le plus connu en Tunisie. Le Stambali de Sidi Marzoug a perdu beaucoup pendant les vingt ans de rupture. Les anciens joueurs, eux aussi, sont partis... Il n’y avait ni joueur de gembry, luth à trois cordes, ni même les Chqacheq, les castagnettes en métal. Pour les adeptes, de leur Stambali, il ne restait que le nom et quelques chants. Demandant « pourquoi il n’y a pas el gas’a d’el Bahryyat (la bassine où il y a de l’eau autour de laquelle les danseurs danseraient) », ma voisine, une habituée à Sidi Marzoug, s’exclama : « on n’a pas trouvé de place pour les humain, pour qu’on puisse en trouver pour el gas’a !! »

Parmi les femmes qui assistaient, il y en avait qui riaient, commentant la danse, pariant sur la sincérité des danseurs..

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..Seul un acte marginal.. est venu menacer ces spectatrices amusées et médisantes..

..c'était un jeune homme « habité ».

Ce jeune homme, noir de peau, avait sa nouba sous forme d’allers retours rapides dans la piste.. avec des cris..vibrants.. à cause de cette tête en sueur, qu’il faisait bouger à droite et à gauche... comme s'il cherchait l'oubli.. 

..Si on veut oublier.. je ne vois pas de meilleur chemin..

 

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...Tout ce qu’il trouvait devant lui sur le petit espace laissé pour la danse, avait pour sort d’être jeté loin... vers la porte de l’entrée.. Une femme assise juste en dehors de la piste des danseurs, contesta contre ce jeune homme qui avait jeté ses tongs dehors .. le jeune homme, se tourna alors vers elle, yeux fixes et sortants, dents serrées; il leva au dessus du visage de la femme sa main droite fermée.. avec l’index et le majeur tendus.. bien décidés de lui percer les yeux.

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 Des cris se lancent. La femme est immobile.. ses paroles médisantes à peine réavalés.. à mi chemin entre sa langue et ses lèvres..

..qui pouvait comprendre.. totalement.. ce qui se passe..?

..Pour un moment.. l'on a vu un homme habité.. de choses diverses.. qu'on ne peut aisément nommer..