28.12.2007
L'intention, la raison, la normalité et les cas particuliers en ce qui concerne les rites en Islam
up! (du 01/02/2006)
Je vais présenter quelques aspects de l’articulation de l’exercice rituel en Islam et comment ce système rituel islamique gère les situations particulières dans lesquelles peut se retrouver le pratiquant.
l’hypothèse de l’existence de Dieu est admise comme un point de départ.
1-Avant je commence par donner la définition de quelque mots qui peuvent se répéter dans mon argumentation.
Ce qui structure un modèle de conduite communautaire est un système de rites articulés autour de quelques principes et un ensemble de significations.
Ce système de rites (dans le cas de l’Islam : shahâdah, salât, siyâm, zakât, hajj, si les moyens personnels le permettent) est applicable par la majorité d’une manière normale. C'est-à-dire dans la forme initié par le prophète (SAWS).
Si on appartient à une communauté, le moyen principal d’intégration est l’initiation occasionnelle ou par étapes.
Occasionnel : al hajj par exemple.
Par étapes : l'application progressive des cinqs piliers de l'isläm
Les rites régénérateurs : par exemple les cinq prières quotidiennes.
2-La norme comme fondatrice de l’ « être ensemble »
la vie est une lutte. Et on a le droit de lutter pour être heureux, pour manger correctement, pour s’aimer correctement, pour avoir des préférences, pour exprimer des goûts, pour avoir une esthétique de vie.
Je pense que cette quête est intimement liée à l’instauration de la norme, surtout aujourd’hui. Si on appartient pas, on devient victime de toutes les modes passagères. On ne peut jamais avancer si on n’a pas su choisir le minimum des choses vitales desquelles on ne peut se passer : comment agir dans le respect de l’autre, des références communes, une temporalité (eh oui, si on passe notre temps à participer activement à toutes les fêtes du monde, on n’aura plus de jours de fêtes, de nouvelles années, plus de résolutions, plus de bilans..)
Un système normatif (en occurrence rituel) n’est nullement caduque. Il permet de mettre de l’ordre dans notre vie et surtout de nous rappeler qu’on est sur terre et que pour arriver à bien vivre et avancer, il faut s’exercer concrètement, à la rigueur collective, dans un minimum de choses, entre autres culturelles.
3-La raison, la croyance et le dogme.
a- Les rapports entre la croyance et le dogme
A travers le coran, et à travers les hadiths du prophète et de sa conduite, telle qu’elle est rapportés et transmis par ses compagnons, on peut distinguer la différence entre l’Islâm, L’imân, et l’Ihsân.
Pour les musulmans, le système rituel leur aide à maintenir la croyance. La Salat tanha ‘ani l fahcha`i wal mounkar. Assyam, azzakat, achchahadat, al hajj, vont dans le même sens, avec chacun ses spécificités.
Comme chaque culture a ses rites organisateurs, la culture musulmane a donc les siens.
L’ « Islâm » en tant que dogme est l’application des cinq rites précédemment cités.
L’imân est la croyance en Dieu, ses prophètes, ses livres, ses anges, le jour du jugement, le destin, avec ce qu’il y a de bien et de mauvais.
L’Ihsân, la bienfaisance, est encore plus particulier.
le prophète nous enseigne que L’ihsan, est de croire en Dieu comme si on le voit, parce que, même si on ne le voit pas, lui il nous voit.
L’Ihsân implique à la fois al Imân et al islâm.
Ainsi les musulmans, ne sont pas tous des bons croyants, et les croyants ne sont pas tous des « Bienfaisants » (dans le sens que j’ai précisé d’el Ihsân).
Dieu seul de toutes façons, peut savoir ce qu’il y a au fond des cœurs comme au fond des terreset des mers . Il sait nos intentions. Si on cherche à prier ou si on fait semblant. Si on cherche à lui plaire, ou on cherche à plaire en faisant semblant de lui plaire. Ce qui est une forme particulière d’association.
b-Les priorités en Islam : l’intention et la signification profonde
Le coran nous dit que la non croyance en Dieu, est équivalente à l’association d’autres dieux à Dieu. Parce qu’elle dénie son unicité. Or l’association est ce qu’il y a de pire. « inna' acherka la dholmon ‘adhîm » (Loqmân). Et Dans le coran, Dieu dit qu’il ne pardonne pas qu’on lui associe d’autres dieux. Alors qu’il est capable de pardonner. Wahwa al ghafourou arrahim.
Dans le coran aussi, Dieu dit qu’un croyant, peut déclarer qu’il ne l’est pas. C'est-à-dire il peut dire qu’il« associe à Dieu d’autres dieux », s’il s’agit d’éloigner de lui-même un danger.
Donc sous menace de mort, un musulman peut renier sa foi, tant que son cœur ne partage pas ce que sa bouche prononce.
C’est la référence ultime pour la raison musulmane. Dieu par sa tolérance pour ce qu’il présente comme intolérable (en l’occurrence l’association) nous apprend qu’il sait, d’une manière différente de la notre. Il sait ce qu’il y a dans les « cœurs ». wahwa aqrabou menna ila afìdatina. Subhana allah !
D’autres exemples de tolérance de non respect de la règle : on passe aux choses les plus concrètes : que sont les nourritures « terrestres ». Qui viennent à l’autre bout, des nourritures « célestes », dans l’axe de nos besoins humains. Là aussi Dieu dit dans le coran, que si on est obligé, et à condition que notre acte n’est pas motivé par une intention de ne pas appliquer la norme, il nous pardonnera, de manger ce qu’il n’a pas permis, et de boire ce qu’il a interdit, et de faire ce qu’il n’aime pas qu’on fasse.
-->
Les normes sont à appliquer quand ils sont applicables. El hajj lui-même par son « liman istatâ’a ilayhi sabilâ » le dit explicitement. Le hajj, est un des piliers de l’Islam, et pourtant si on ne peut pas, Dieu est tolérant pour accepter de nous un regard qui s’oriente vers lui symboliquement au quotidien, dans un moment rituel qui nécessite de nous ni argent, ni effort physique intense.
c- Contraintes, majorité, minorité, normalité.
l’islam est une religion qui s'est préservée grace à l’intervalle pratique qu’elle laisse pour les soumis à la volonté de Dieu. C'est une religion de "yosr", de facilité parce qu'elle valorise la pratique personnelle.
Une situation contraignante, n’est pas une situation majoritaire.
la majorité de la population mondiale se concentre dans les coins les plus faciles à vivre sur la terre. Et pourtant, les coins les plus difficiles, sont peuplés et appropriés par des humains. C’est ce qui montre la lutte de l’homme pour vivre et sa créativité.
Or une norme doit s'adresser à la majorité. la norme, par exemple la réalisation d’un rite, consiste en une forme concrète et une signification, Dieu nous dit qu’il juge de notre soumission à sa volonté en lisant dans notre cœur, notre intention profonde, qu’elle lui est plus transparente qu’à nous mêmes. Comme on l’a expliqué pour les situations contraignantes extrêmes explicités dans le coran, et qui sont minoritaires, Dieu nous appelle à veiller à la sauvegarde de la signification/intention. par sa définition même en tant que situation minoritaire, l'exercice rituel qui dissocie plus ou moins la signification de la forme adoptée majoritairement, préserve l'appartenance collective, en affirmant la pratique particulière comme découlant de celle normative. (comme al wudhu`wa tayammum, pour Assyâm etc.)
Quoi que aujourd’hui, les contraintes se montrent plus ce que jamais pesantes pour les musulmans partout dans le monde. d'où, et c'est ce que j'applique personnellement, l'importance de la compensation. quand on est contraint à ne pas appliquer quelque chose, on doit essayer de faire vivre la signification, et de ne pas laisser tomber le reste du système rituel aussi. (d'ailleurs Dieu dans le coran insiste sur cette possibilité, par exemple dans le cas du Syâm quand on peut le ramplacer par une forme de zakât, ou quand celui qui abuse en jurant par Dieu,-ce qui touche à la chahâda-, jeune pour en concerver la valeur, etc..)
18:10 Publié dans pensées éparses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, islam, rites


